03/06/2026
12 minutes

Voyage en 4×4 tente de toit : 7 ans d’aventure à deux

Sommaire

Jennifer et Brice ont fabriqué leurs deux premières tentes de toit eux-mêmes. Parce qu’ils n’avaient pas le budget pour en acheter une. Aujourd’hui, après 7 ans de voyage en 4×4 tente de toit, ils te racontent comment on en arrive là.

Un Nissan Pathfinder aménagé, un chien co-pilote, et une façon de voyager qui a tout changé dans leur vie. Du tout-inclus au Mexique jusqu’aux pistes espagnoles. Ils ont parcouru un sacré bout de chemin.

Comment Jennifer et Brice ont découvert le voyage en tente de toit

Un Vitara cabriolet, les Dolomites et une révélation

Avant la tente de toit, Jennifer et Brice faisaient déjà du camping. Tente de sol, voiture classique, séjours chez l’habitant, notamment au Costa Rica avec un 4×4 de location. La fibre baroudeur était déjà là.

C’est en Corse que le déclic se passe vraiment. Ils louent un petit Suzuki Vitara pour rejoindre la plage de Saleccia. Coup de foudre immédiat pour le format. Quelques mois plus tard, ils s’en achètent un et partent direct pour les Dolomites. Ils passent leur première nuit dans la voiture avec un espace à peu près équivalent à une boîte à chaussures.

Inconfortable ? Oui. Mais la confirmation était là.

« Ça a été la confirmation que ce mode de voyage, c’était quelque chose qui nous correspondait. »

C’est à partir de là que l’idée de la tente de toit s’impose. Sauf qu’à l’époque, une vraie tente de toit, c’est hors budget pour eux. Alors Brice fait ce que font les bons bricoleurs : il s’en fabrique une.

Si toi aussi tu te poses la question du budget, voici tout ce qu’il faut savoir sur le coût d’une tente de toit.

Les deux tentes maison, ou l’art de se mouiller pour apprendre

Première version : un bloc en bois qui s’ouvre comme une tente portefeuille, avec une tente Décathlon repliée à l’intérieur, fermeture à clé. L’idée est ingénieuse sur le papier. En pratique, il pleut une nuit dans les Alpes, le bois n’était pas le bon, et la couette finit trempée de part en part.

« On a dormi comme ça. La couette touchait les parois avec le vent, l’eau, tout le bordel. On s’est dit : on verra demain. »

Brice fabrique une deuxième version, plus grande (140 cm de large, 2,10 m de long), avec un toit rigide en triangle et des toiles cousues par la maman de Jennifer. Celle-là tient mieux la route. Et puis une bonne occasion se présente, un ami vend une vraie tente de toit. Ils sautent dessus sans hésiter.

Leur setup aujourd’hui : un Pathfinder taillé pour l’autonomie

La tente portefeuille Tembo : robuste, étanche, et plus fabriquée nulle part

Leur tente actuelle, c’est une Tembo, marque anglaise aujourd’hui disparue. Tissus épais, construction solide, et zéro condensation même en plein hiver.

« On a pris des tempêtes, de la pluie, de la neige. On dort dedans, il y a jamais d’humidité. »

Même avec de la neige accumulée sur la toile, rien ne bouge. En plein hiver, ils allument leur petit chauffage au strict minimum pour dormir. La seule contrainte, c’est le repliage : à deux ça va, seul ça prend plus de temps, surtout avec un véhicule à 2,30 m de hauteur. Le dépliage, lui, va vite.

Le Pathfinder aménagé : 15 jours d’autonomie, si l’envie est là

L’aménagement du Pathfinder, c’est du sérieux. Douche reliée à la réserve d’eau, option douche portable avec eau chauffée à la casserole, cuisine intégrée, espace chien. Tout a été pensé pour ne voir personne pendant deux semaines si l’envie est là.

« Si on voit personne à part pour aller chercher l’eau et la bouffe, ça nous va. »

Pour les toilettes, c’est pelle, papier et sac poubelle, et tout repart avec eux. Jennifer le rappelle régulièrement sur ses réseaux : les lingettes et le papier toilette restent dans le sac, jamais au sol. Elle a vu ce que ça donnait sur les spots les plus connus d’Espagne, et c’est un désastre.

Un nouveau van, une tente rigide et l’accès intérieur en projet

Ils finalisent actuellement un nouveau véhicule, plus grand, équipé d’une tente triangulaire rigide et d’un système d’ouverture entre le plafond du van et la tente. L’idée : circuler de l’habitacle à la tente sans mettre le nez dehors. C’est plus confortable quand il pleut, indispensable pour les conditions polaires. Parce que oui, il y a un grand projet derrière tout ça.

Leurs road trips en 4×4 tente de toit : de la Sardaigne à la Laponie

Voyage en 4x4 tente de toit

France, Espagne, Italie, Slovénie : le terrain de jeu des 7 premières années

Jusqu’ici, Jennifer et Brice voyagent sur des périodes de 15 jours, parfois des weekends. France, Espagne (ils adorent le sud), Italie, Slovénie. Et toujours hors saison, c’est leur règle d’or. L’été sur les côtes, tout devient compliqué et restrictif. En septembre, octobre ou juste avant les vacances scolaires, c’est une autre vie.

« En plein été en Espagne ou dans le Var, c’est trop restrictif. On préfère partir en montagne ou hors saison. »

Côté bivouac, leur logique est simple et rodée. Aucun panneau d’interdiction, aucune barrière forcée. Ils repèrent leurs spots à l’instinct, arrivent tard, et rangent tout avant de dormir. La table rentre dans le véhicule, le chien aussi, il reste juste la tente dépliée.

C’est ta première fois en bivouac ? Je t’explique comment trouver tes spots en tente de toit.

Les rencontres avec la police

En Slovénie, Jennifer sort des toilettes d’un parking de randonnée et voit une voiture de police faire le tour du véhicule. Elle engage la conversation, le policier vérifie qu’il n’y a eu ni feu ni déchets, demande si elle compte rester une autre nuit. Elle dit non. Il dit OK et repart.

En France, près du Verdon, une lumière arrive dans la nuit. ONF, gendarmerie, pompiers. Tout le monde débarque en même temps. Les gars font le tour, vérifient, demandent simplement de reculer pour s’éloigner de la rivière. Et c’est tout.

« Je pense que c’est une question de feeling et de respect. Ils font le tour, ils voient que c’est propre. »

Depuis, ce spot a été barré avec des tranchées. Le Verdon se ferme progressivement, mais ils ont d’autres adresses.

La Laponie en pendant 1 an : le grand projet qui structure tout

La Laponie, c’est leur coup de foudre. Deux voyages en van de location, et depuis, c’est devenu l’objectif de fond qui oriente toutes leurs décisions, y compris le choix du nouveau véhicule. Un van 4×4 conçu pour le grand froid, avec un aménagement adapté aux températures polaires et une tente capable de tenir toute la nuit sans perdre de chaleur.

Le plan : partir pendant 1 an, Norvège, Finlande, Suède, avec quelques boulots de saison sur place pour financer la suite. Rien n’est encore gravé dans le marbre, mais tout pointe dans cette direction.

Les vraies galères en tente de toit

4x4 tente de toit vue du ciel

La nuit trempée dans les Alpes (version tente maison)

C’était avec la première version faite maison. Bâche tendue au-dessus pour contenir la pluie, bois mal traité, tente de sol Décathlon qui refuse d’être étanche. La couette est trempée, les parois claquent, le vent s’engouffre partout. Ils dorment quand même, parce qu’ils n’ont pas vraiment le choix.

C’est cette nuit-là qui a convaincu Brice de fabriquer une deuxième version, et quelques mois plus tard, de passer sur une vraie tente de toit.

Découvre aussi comment gérer la pluie en tente de toit.

Le vent : pire ennemi que la pluie

La pluie, finalement, ça se gère. On reste dans la tente, on lit, on travaille un peu, et si ça dure vraiment, on roule pour aller chercher le beau temps ailleurs.

Le vent, c’est une autre histoire. Avec une tente souple, les toiles ne sont pas tendues, ça claque dans tous les sens, le bruit est constant et le sommeil devient impossible quand ça souffle fort.

« Je préfère la pluie au vent. Le vent, c’est une catastrophe. »

D’après eux, les tentes rigides résistent bien mieux sur ce point, les toiles plus tendues bougent et vibrent moins. C’est d’ailleurs l’une des raisons du changement de modèle pour le nouveau projet.

Voici un comparatif complet tente de rigide vs souple pour t’aider à faire ton choix.

L’histoire du sanglier (et la hache)

Celle-là ne s’est pas passée en tente de toit, mais elle explique mieux que n’importe quel argument pourquoi dormir en hauteur change tout.

Lors du tout premier bivouac avec la famille de Jennifer, ils étaient en tente de sol. Un sanglier débarque derrière la toile et pousse un hurlement absolument terrifiant. Brice sort avec une hache. Heureusement, tout s’est bien terminé. Mais, les parents de Jennifer ne sont jamais retournés bivouaquer depuis.

« En tente de toit, même si tu entends un bruit comme ça, tu te sens plus en sécurité parce que tu es en hauteur. »

Ce qu’ils aiment le plus dans ce mode de voyage

voyage en 4x4 tente de toit : coucher de soleil face à la mer

Une cabane perchée qui réveille l’enfant en toi

Quand je demande à Jennifer ce qu’elle aime le plus dans la tente de toit, elle répond sans chercher très longtemps.

« C’est une cabane. Il y a un côté enfant là-dedans. »

Et elle confirme aussi que ses meilleures nuits, c’est en bivouac qu’elle les passe. Elle a le sommeil léger d’ordinaire, mais dans le calme de la nature, elle dort d’une traite, toute la nuit, sans se réveiller.

« Le cerveau arrive à se mettre sur un mode off. La nature, le calme, ça m’apaise vraiment. »

Les rencontres qu’on n’avait pas prévues

En Espagne, sur une piste que personne ne connaissait, ils croisent un 4×4, un conducteur espagnol et un allemand. Ils se suivent sur la piste, finissent par partager un apéro improvisé au bord du chemin.

Ou encore, en bivouac dans un lieu d’observation astronomique, un renard rôde au bas de la tente, attiré par les croquettes du chien. Jennifer descend doucement, il repart, elle attrape son appareil photo, il revient et se laisse photographier.

Ces rencontres-là n’arrivent jamais dans un camping.

Un rapport au monde qui ressemble à de la méditation

Jennifer hésite un peu, puis se lance : « Il y a un côté méditation dans cette façon de voyager. On se reconnecte à soi-même et aux choses les plus simples. »

Lever de soleil depuis la tente, Voie lactée le soir, le silence, aucun réveil. Ce n’est pas un manque de confort. C’est un autre rapport au temps, et une fois qu’on y a goûté, difficile de s’en passer.

Leurs conseils pour ceux qui veulent se lancer en 4×4 et tente de toit

voyage en 4x4 tente de toit dans le désert

D’abord, bien se connaître

Brice est direct là-dessus, et il le répète souvent quand des gens les approchent sur les festivals.

« Si tu n’as jamais fait de camping, que tu as besoin de tes petits soins, de ton confort, ce mode de voyage n’est probablement pas fait pour toi. »

Ce n’est pas une question de véhicule ou de budget, c’est une question de personnalité. Autant le savoir avant d’investir. Cela dit, Jennifer fait du camping depuis l’enfance, et pour elle la tente de toit a été un retour aux origines après quelques années de tout-inclus. On peut aussi venir de loin. Tout est possible !

Louer avant d’acheter

C’est le conseil qu’ils donnent à tout le monde, y compris aux parents de Jennifer (qui s’inquiétaient de la voir partir en bivouac). Une tente de toit, même d’occasion, représente un vrai investissement. Il y a les barres de toit à prévoir, le montage, peut-être une galerie selon le véhicule. Autant tester avant de se décider.

Des plateformes comme RoofWander proposent exactement ça : louer une tente de toit montée sur un véhicule pour un premier essai grandeur nature. D’ailleurs, n’hésite pas à consulter cet article sur la location de tente de toit.

Si tu es plus avancé dans ton projet, voici un guide pour bien choisir ta tente de toit d’occasion.

Un 4×4, vraiment indispensable ?

Leur réponse est claire : non. La tente de toit s’adapte à tous types de véhicules, et le boom post-covid l’a bien montré. Le 4×4 ouvre des accès supplémentaires, des pistes, des zones reculées, des spots inaccessibles autrement. Mais pour un premier voyage en tente de toit, ton véhicule actuel fera très bien l’affaire.

« On a vu le boom post-covid. Des tentes de toit sur tous types de véhicules. Ce mode de voyage, c’est pour celui qui veut sortir de sa zone de confort. Peu importe ce qu’il conduit. »

À retenir de leur expérience en tente de toit

Road trip en 4x4 tente de toit

Ce qui a changé leur façon de voyager :

  • Partir hors saison. Moins de monde, moins de restrictions, bien plus de spots disponibles
  • Tout ranger avant de dormir. La tente dépliée est la seule chose visible de l’extérieur
  • Fuir la pluie quand elle s’installe. L’avantage de l’itinérance, c’est de pouvoir bouger librement
  • Tester sur une destination simple avant de viser la Laponie en janvier

Les leçons qu’ils tirent avec les années :

  • Le vent est plus difficile à gérer que la pluie en tente souple
  • Un 4×4 ouvre des spots supplémentaires, mais tout véhicule peut accueillir une tente de toit
  • Fabriquer sa tente, c’est possible. Il faudra quand même deux essais pour être vraiment étanche
  • Le bivouac sauvage tient souvent à l’attitude : respectueux, propre, discret

Ce qu’ils aiment le plus :

  • Les rencontres inattendues sur les pistes
  • Le calme de la nature qui coupe le cerveau
  • La liberté totale, aucune réservation
  • Dormir en hauteur, comme dans une cabane

La tente de toit en une phrase, selon Jennifer et Brice

À la fin de l’interview, je leur pose la question. Si vous deviez résumer la tente de toit en une phrase, ce serait quoi ?

Jennifer réfléchit quelques secondes, puis elle sourit.

« C’est une cabane qui te fait retourner en enfance et qui t’offre la liberté. »

Et Brice ajoute, sans hésiter : « L’aventure, c’est à partir du moment où tu tournes la clé. »

Ils ont commencé avec une tente maison qui prenait l’eau dans les Alpes. Aujourd’hui, ils préparent un départ en Laponie pour plusieurs mois. Entre les deux, 7 ans de bivouacs, de rencontres inattendues, de spots trouvés au dernier moment et de nuits sous les étoiles. Le voyage en tente de toit, ce n’est pas un mode d’hébergement. C’est une façon d’être sur la route.

Pour suivre les aventures de Jennifer et Brice en 4×4 tente de toit, retrouvez-les sur :

Instagram : @missaventure

Leur blog : missaventure.com

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commentaires

Une réponse

  1. Bravo à Jennifer et Brice pour leurs persévérances afin de mettre des tentes de toit pour améliorer leurs Road trips !
    Inventivités, Astuces et Passion à travers leurs Aventures qu’ils partagent gentiment avec nous.
    Photos sublimes et Créativité avec le toutou voilà le secret de leur Succès ! Félicitations et Merci pour vos Partages ! Que les Aventures continuent dans des endroits Magiques que vous nous faites découvrir avec ONNI 🥰

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