Le camion d’Élise sent encore la peinture fraîche. Pourtant, le week-end, il devient sa chambre.
Élise a 35 ans. Peintre décoratrice, elle voyage en tente de toit depuis un an, sur son camion de chantier, sans toucher à son aménagement de travail.
L’été dernier, elle a pris la route pendant 3 semaines avec sa fille Nina, 10 ans. Jura, Suisse, Savoie, presque entièrement en camping sauvage.
Elle raconte comment elle gère la sécurité en solo avec un enfant, son budget, son organisation côté hygiène, et pourquoi ce mode de voyage lui correspond autant.
Le camion, d’abord un outil de travail

Un problème très concret : où dormir sans tout déménager
Le camion d’Élise sert avant tout à son métier. Peintre décoratrice, elle y transporte ses pinceaux, ses pots de peinture, ses étagères de matériel.
Installer un couchage à l’arrière veut dire tout démonter à chaque sortie, une vraie contrainte quand elle a envie de partir sur un coup de tête, entre amis, pour un bivouac improvisé.
« Je ne veux pas avoir tout à déménager, c’est chiant »
La tente de toit répond exactement à ce problème. Elle ajoute une chambre indépendante, sans toucher à l’aménagement pro en dessous. L’échelle se déplie, et c’est parti.
Le déclic, au Vanlife Expo de Rennes
Élise pense à la vanlife depuis un moment déjà. Le déclic arrive au Vanife Expo de Rennes, l’année dernière, où nous nous sommes rencontrées.
Elle visite mon véhicule et découvre ma tente de toit, installée sur mon Berlingo. La discussion fait le reste.
Comme Luidgi et sa tente de toit sur une petite voiture, elle se lance sans avoir jamais testé le concept avant d’acheter.
« Je ne suis pas de nature craintive, ça ne me fait pas peur »
Sa seule inquiétude concerne l’esthétique. Elle a peur qu’une tente de toit, sur un camion de travail, fasse perdre en sérieux auprès de ses clients. Finalement, l’objet intrigue plus qu’il ne dérange.
Une tente de toit rigide, pour rester pro

La coque plutôt que la bâche
Élise a choisi une Wildland, comme moi, mais en coque rigide, le modèle Bush Cruiser, plutôt qu’avec une bâche.
« L’histoire de la bâche, je trouvais que pour du pro, ça n’allait pas »
La coque a un autre avantage : elle reste en place toute l’année sur le toit. Ce qui en fait un équipement permanent, toujours prêt à l’emploi.
J’ai détaillé les différences entre tente de toit rigide et souple dans un article à part, si le choix t’intéresse aussi.
Un nouveau véhicule en préparation
Son Fiat Doblo touche à sa fin. Elle passe bientôt sur un véhicule plus grand, type utilitaire, en gardant la même logique : une partie pour le matériel professionnel, une partie pour le bivouac.
Un weekend, elle transfère simplement quelques affaires de bivouac déjà préparées en caisse. Pour un été de trois semaines avec sa fille, elle vide tout et refait un vrai coin cuisine. Deux configurations, un seul camion.
Voyager en tente de toit seule avec un enfant : la question de la sécurité

Quelques frayeurs, mais rien de grave
Élise n’est pas du genre à s’inquiéter facilement. Pourtant, en bivouac, quelques moments l’ont marquée.
« Il y a des fois où je me suis dit : Élise, qu’est-ce que tu fais là ? », admet-elle en riant.
Une voiture entendue tard le soir, des cris au loin qui ressemblaient à une bagarre, un arrêt un peu trop long juste à côté du camion. Rien de grave au final, mais de quoi accélérer le rythme cardiaque.
« La nuit, je pense que les bruits sont décuplés, on entend tout », précise-t-elle. Un phénomène classique en camping sauvage, encore plus marquant seule avec un enfant.
Les réflexes qu’elle a pris
Élise a construit un petit rituel. Chaque soir, dès l’arrivée sur le spot, elle envoie sa localisation par WhatsApp à sa sœur, pour que quelqu’un sache toujours où elle se trouve avec Nina.
Elle dort aussi avec son téléphone chargé en permanence, un réflexe qu’elle juge d’autant plus important en tant que femme seule.
Côté échelle, elle la garde dépliée toute la nuit. Pour elle, c’est même plus sûr : en cas de souci, elle peut redescendre immédiatement et suivre son instinct.
Jusqu’ici, personne n’est jamais monté à son échelle, un constat que je partage aussi de mon côté au bout de 4 ans de pratique, et qui rassure généralement les débutants les plus inquiets.
Le quotidien en tente de toit quand on voyage seule avec un enfant



Une routine à deux
Nina, 10 ans, participe activement à la vie du camp. Elle aide à repérer les spots pour la nuit, et c’est même elle qui a trouvé le tout premier du road trip, devant un champ de vigne dans le Jura.
Une fois posées, chacune a son rôle : Nina monte le lit et les oreillers dans la tente, pendant qu’Élise installe la douche et prépare le repas.
« Je me suis rendu compte qu’une soirée en bivouac, ça passe hyper vite »
Entre la douche, l’installation et la popote, les jeux de société qu’elle avait imaginés restent souvent de côté, un vrai point de vigilance pour les familles qui débutent.
L’hygiène, son vrai sujet de vigilance
Élise se décrit comme très à cheval sur l’hygiène, un point qui l’inquiétait davantage que la sécurité avant de se lancer.
Son équipement : des toilettes chimiques pliables, une douche solaire remplie chaque jour, et un jerrican avec robinet pour se laver les mains facilement. La douche, forcément froide, dure environ quatre minutes chrono.
« Ça fait trop du bien, c’est revigorant »
. Trouver de l’eau se révèle simple, en France comme en Suisse, l’été, sans même avoir besoin d’application dédiée.
Le confort du couchage, la limite des trois semaines
Sa tente rigide embarque un matelas de 5 centimètres, contre 8 sur mon modèle souple. Un weekend, ça passe très bien. Sur trois semaines, en revanche, le confort finit par manquer.
Autre différence avec les tentes souples : la couette et les oreillers doivent redescendre chaque jour, la tente rigide se refermant mal avec trop d’épaisseur à l’intérieur. Une étape de plus dans la routine.
Orage et rencontres : le bilan du road trip

Redescendre pendant l’orage, la bonne décision
Pendant le road trip, Élise et Nina essuient un vrai orage. Sur le moment, elle hésite entre rester dans la tente et redescendre.
« On a pas pris le risque, on savait pas trop », se souvient-elle. Bonne décision : en hauteur, sur une structure métallique, une tente de toit expose davantage en cas de foudre qu’un véhicule fermé. Élise et sa fille finissent la nuit à l’arrière du camion, en sécurité.
J’ai rédigé un article sur le sujet, si tu veux en savoir plus sur comment réagir pendant un orage en tente de toit.
Au-delà de cet épisode, la météo capricieuse fait partie du jeu : douche solaire sous 10 degrés, nuits sous la pluie malgré la fuite vers le beau temps. Avec le recul, Élise garde surtout de bons souvenirs, et pas mal d’anecdotes à raconter.
Une soirée inattendue, en Suisse
Un soir, en Suisse, Élise cherche un spot pour la nuit près d’une ancienne gare désaffectée. Elle demande l’autorisation à une habitante du quartier, en communiquant tant bien que mal en allemand.
Le lendemain matin, cette dame leur apporte le petit-déjeuner. La soirée se termine avec un atelier de dessin improvisé auprès d’une famille suisse rencontrée sur place, qui leur propose même une douche chaude dans son chalet.
« C’est bête, mais on l’aurait jamais vécu sans ça »
Comme beaucoup de voyageurs en tente de toit, elle constate que le format intrigue et ouvre naturellement le dialogue. Rien que cet été, elle compte une cinquantaine de rencontres.
Le budget, pour se lancer en tente de toit avec un enfant


Côté équipement, Élise a investi environ 2 600 euros dans sa tente neuve, en coque rigide, achetée chez Kombishop, au Pellerin en Loire-Atlantique. Elle voulait éviter l’incertitude d’un modèle d’occasion, entre vis cachées et défauts invisibles.
À ce budget s’ajoutent les accessoires indispensables : toilettes, douche solaire, jerricans, lampes, vaisselle. Élise partait de zéro, elle a donc tout acheté. J’ai détaillé chaque poste de dépense dans mon guide sur le budget pour te lancer en tente de toit.
Côté vacances, son budget pour trois semaines à deux tourne autour de 1 000 euros, restaurants compris, avec seulement quatre sorties sur toute la durée. Un montant équivalent, selon elle, à une seule semaine en mobil-home avec le même confort.
La rentabilité se fait vite ressentir : 3 semaines en plein été suffisent déjà à amortir l’investissement de départ, face au prix d’un hébergement classique.
Ce qu’il faut retenir du témoignage d’Élise
- Une tente de toit cohabite très bien avec un véhicule à usage professionnel
- Voyager en tente de toit seule avec son enfant demande quelques réflexes simples : localisation partagée, téléphone chargé, échelle toujours dépliée
- En cas d’orage, mieux vaut redescendre dans le véhicule que rester dans la tente
- L’hygiène se gère bien en autonomie, entre douche solaire, toilettes chimiques et jerrican d’eau
- La tente de toit ouvre naturellement le dialogue avec les autres voyageurs et les habitants rencontrés en route
La liberté, en un mot
Pour Élise, la tente de toit tient en un mot : la liberté. Se poser où elle veut, repartir si l’endroit ne lui plaît pas, se réveiller devant un lac ou un champ de vigne sans payer le prix d’un hôtel avec vue.
Depuis, elle privilégie largement ce format à l’hôtel ou au mobil-home avec sa fille. Nina, elle, a totalement adopté ce rythme, au point de réclamer elle-même le camping sauvage plutôt qu’un emplacement classique.
Son conseil pour celles et ceux qui hésitent encore : vivre ses envies, oser, et tester avant d’investir. La location entre particuliers, chez RoofWander par exemple, permet de découvrir la tente de toit le temps d’un weekend.
Les salons comme le Vanlife Expo ou le Festival de la tente de toit au lac de Madine sont aussi de belles occasions d’échanger directement avec des voyageurs, loin des discours commerciaux.
Toi aussi, tu hésites à te lancer ? Télécharge gratuitement mon guide pour débuter en tente de toit. Tu y trouveras toutes les bases pour partir sereinement, seule, en couple ou en famille.
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FAQ : voyager en tente de toit seule avec un enfant

Est-ce dangereux de voyager en tente de toit seule avec un enfant ?
Quelques précautions simples suffisent généralement. Élise partage sa localisation chaque soir avec un proche, dort avec un téléphone chargé, et fait confiance à son instinct pour changer de spot si besoin.
Faut-il un véhicule spécial pour voyager en tente de toit avec un enfant ?
Élise voyage sur un camion professionnel, sans aménagement dédié au voyage. La tente de toit s’installe sur la plupart des véhicules équipés de barres de toit adaptées, quel que soit leur usage principal.
Comment gérer l’hygiène en tente de toit avec un enfant ?
Avec des toilettes chimiques pliables, une douche solaire et un jerrican d’eau pour les mains. Trouver de l’eau se révèle généralement simple en France et en Europe l’été.
Que faire en cas d’orage en tente de toit ?
Redescendre dans le véhicule tant que l’orage est proche, puis remonter une fois qu’il s’est éloigné. Une tente de toit, en hauteur sur une structure métallique, expose davantage qu’un véhicule fermé.
Quel budget prévoir pour se lancer en tente de toit ?
Comptez environ 3000 euros pour une tente neuve et les accessoires de base : toilettes, douche solaire, jerricans, vaisselle. Ce budget se rentabilise généralement dès les premières semaines de vacances en haute saison.


